Compostelle!


J'aime marcher sur ce chemin mythique!
J'admire ceux qui endurent leur sac à dos et les ampoules jusqu'à Saint Jacques et parfois même le retour!


N'ayant fait que quelques tronçons avec l'association "4 saisons- marche", je ne peux témoigner sur la totalité. ….et gros avantage, nous marchons légers !
Malgré tout j'en retire à chaque fois un grand bénéfice intérieur et un renforcement de ma Foi.


Le silence, la régularité de mes pas, l'endurance et la beauté de la nature renforcent une certaine volonté, une nouvelle confiance en moi et en la Vie en même temps qu'ils facilitent l'introspection.
Parfois un doute, une peur ou une colère peut ressurgir sans crier gare ! Je les confie alors dans mes prières.


Je me souviens d'un épisode précis où, en entrant dans une église, très brutalement  je me suis mise en colère contre Dieu pour une chose que je n'arrivais pas à accepter dans ma vie.
J'en fus toute surprise mais après ça les larmes sont arrivées pour laver ces émotions et accompagner ma prière.
Plus tard au fil de mes pas, j'ai entr’aperçu dans mon histoire l’évènement important de mon enfance en lien avec le présent et la peur panique qui en découlait.


Cela m'a permis de l'apprivoiser, de prendre du recul à chaque fois qu'elle montrait son nez et de prier. Ainsi j'ai pu renforcer la confiance en moi, ma tranquillité et ma Foi.


Et tout le long du chemin pas à pas vers Saint Jacques, pas à pas vers Soi, de questions en réponses, nous nous réconcilions avec notre propre histoire et allons de l'avant vers le Nouveau.
Je remets de la Vie, de la Joie et de la Foi au quotidien de ma vie.

Béa

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1 taie d’oreiller...

1 sac de couchage...

1 drap...

2 petits essuies...

Un petit carnet + plume...

Lunettes de soleil...

Mon foulard vert...

Chaussures de marche, baskets, espadrilles...

Pyjama...

Maillot...

Petit shampoing + petit savon...

Gel piqures...

Petit miroir + pinces à épiler...

Crèmes jour/nuit...

Ecran total...

Ouatines...

Produit lessive...

Arnica...

2 brosses à dents + dentifrice...

Gant de crin rose...

Peigne...

Petit coupe ongles...

Pinces à cheveux + chouchous...

3 robes (grise, rose et jaune)...

Un jeans...

Deux short : le petit et la salopette ou le blanc ?...

5 tee-shirts dont débardeur gris, rose moiré et un longues manches...

Mon petit pull noir...

KW ? Où est – il ?...

Chaussettes longues...

Mes dessous...

Un peu de sous...

Mon carnet de Pèlerin. Ma joie !...

Tout rentre dans le sac que je ne porterai pas ! Je suis prête !...

Chaque année, rejoindre le chemin, c’est pour moi aller à l’écoute de ce qui attend de m’être révélé, tout parle sur le chemin.

Chaque pas devient ouverture, réceptivité, lecture de qui je suis.

Chaque pas me dit : « Accueilles tout ce qui vient, sois sans crainte, livre- toi, questionne et entends » Ma première expérience du chemin m’a conviée à voir ma maman, elle était partout, j’ai réalisé que jamais avant son décès, je ne lui avais dit à quel point je l’aimais.

Mes premiers pas sur le chemin m’ont offert un dialogue avec elle.

Anso

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Une belle journée se profile. La tenue de chacun respire l’envie de marcher.

Certains ont choisi la paire de brodequin pour ne pas s’abimer les pieds, d’autres des sandales pour les avoir à l’air. Qui d’un short et d’un teeshirt ou bermuda chemisette.

Je revois cette petite route qui descend sinueuse vers le fond d’une petite vallée vers une ferme auberge. 4 personnes marchent de front et occupe la totalité du chemin. L’humeur est joyeuse.

Je suis un peu en retrait, à l’arrière, je veux prendre des photos de ce beau paysage.

Je me sens bien, une petite tension dans mon mollet attire mon attention, mais non, il fait trop beau pour s’attarder dessus. Ca va bien passer.

Arrivé à ferme auberge, nous nous asseyons sur des bancs généreusement mis à disposition des pèlerins. Un labrador nous accueille gentiment en se tortillant entre nos jambes. Hélène ne peut s’empêcher de se rouler par terre avec lui.

Après ce repos, nous repartons, je traine un peu, et je me retrouve à nouveau derrière. Et mon regard se porte sur le groupe toujours aussi joyeux. Malgré la distance, j’entends leurs rires.

La petite tension ignorée plus tôt est devenue une contracture, je ne peux plus l’ignorer. Alors je décide de m’en occuper, je masse mon mollet, je fais quelques étirements (appris en salle de gym pour faire passer les crampes). Mais le soulagement n’est que de courte durée. La contracture revient.

Foutu pour foutu, j’essaye ce que l’on m’a expliqué : mettre des mots sur la douleur. J’essaye de mettre des mots sur cette sensation, sur cette souffrance physique. Et plus j’essaye de mettre des mots, plus cela s’aggrave, plus je m’agace de ne pas trouver. Je fais un caprice intérieur:  <CAPRICE>....lorsque je prononce ce mot intérieurement, un souvenir surgit.

Je revois le petit garçon que j’étais, couché dans son lit.

>Il est puni. Il entend ses copains par la fenêtre ouverte au 2éme étage de son HLM. Ils jouent, ils rigolent, ils bougent, ils courent…le petit garçon s’enrage de ne pas pouvoir être avec eux. Il enrage tellement, que tout son corps est tendu, jusqu’aux jambes, jusqu’aux mollets. Ces mollets tellement tendus qu’ils sont au bord de la crampe.<

Instantanément, je vois la superposition des évènements ; le petit garçon privé de jouer ; l’adultes qui n’est pas avec le groupe, privé du plaisir de rigoler avec eux!

Je suis tellement touché par cette co-incidence que je décide de rejoindre le groupe. Arrivé à leur niveau, je constate que ma « crampe » a complétement disparue. Je remercie.

Je venais de comprendre : ---« Marcher au-dedans comme au dehors »---

Alain

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